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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 10:01

Bernard Tornare                                                                              22 Janvier 2014

Le chavisme, un modèle ou un exemple?


Après Simon Bolívar, Hugo Chavez est certainement la figure la plus influente de l'histoire du Venezuela et l'une des personnalités les plus en vue de l'anti-impérialisme que l'humanité n'ai jamais rencontré.
Hugo Chavez n'était pas un dogmatique. C'était juste un honnête homme, révolté par les injustices qui se passaient dans son pays. Sans théorie précise, il voulait simplement essayer de résoudre les problèmes de son peuple.

On peut dire que le chavisme a été fondé depuis que Chavez a mené la rebellion militaire du 4 février 1992, mais c'est dès son élection comme président du Venezuela en 1998 que le chavisme a été connu de façon plus approfondie.

Pour comprendre ce qu'est le chavisme, il est indispensable de se libérer, nous Européens, de nos nombreux préjugés, qu'ils soient idéologiques ou teintés de mépris envers les pays du Sud. Pour saisir tout le sens du chavisme et de son message révolutionnaire, il faut avoir aussi un minimum de connaissance de l'Histoire de l'Amérique latine et du Venezuela en particulier.

Le chavisme n'est pas une doctrine philosophique, ni une idéologie comme on la conçoit sous nos latitudes, avec un corps structuré d'idées. Il s'agit plutôt d'une sorte de sentiment, d'un état d'esprit qui a imprégné les masses populaires comme l'a été le péronisme en Argentine. Personne ne peut dire ce que professait Hugo Chavez, comme personne ne peut dire s'il était social-démocrate ou chrétien-social. C'était plutôt un ensemble d'idées qui incluait une conception globale d'Etat, d'économie et de culture. Chavez n'a pas fait appel à l'une des normes doctrinales, philosophiques ou politiques connues en Europe ou en Amérique du Nord.

Le chavisme se projette dans la souveraineté et l'indépendance, ce qui signifie la liberté de la nation en face des puissances étrangères. C'est la continuation de l'idéal bolivarien pour une intégration de l'Amérique latine et des Caraïbes, qui s'alimente en même temps de l'internationalisme, puisqu'il cherche à faire des alliances avec tous les peuples émergents (l'Afrique, l'Asie, etc.) qui cherchent à être libérés de l'impérialisme, du colonialisme et du néolibéralisme.

Il diffère du socialisme traditionnel du XX ème siècle parce qu'il intègre différentes classes sociales et non seulement le prolétariat (la classe ouvrière), mais toutes les classes et couches qui vivent de leur propre travail (salariés ou non) et qui subissent l'exploitation du capitalisme.

Chavez avait n'avait-il pas affirmé : "Je ne suis pas marxiste mais ne suis pas antimarxiste. Je ne suis pas communiste, mais je ne suis pas anticommuniste (...) il faut aller au-delà du marxisme (...) il n'est pas la solution, spécialement pour nos pays (...)". Pour lui, la base de sa pensée serait l'"Arbre des Trois Racines" [1] : Simon Rodríguez, Simon Bolivar et Ezequiel Zamora [2]. En attendant que vienne le "carburant" conceptuel appelé chavisme.

Le chavisme est certainement la version du socialisme la plus efficiente sur la scène de l'antiimpérialisme et de l'anticapitalisme parce qu' il fait face, avec efficacité, aux tentatives des Etats-Unis de contrôler les gouvernements et les économies de l'Amérique latine; à cette fin, il a établi des liens commerciaux avec la Chine, la Russie, l'Iran, et a approfondi des mécanismes d'intégration régionale comme l'ALBA, l'UNASUR, la CELAC, ou le MERCOSUR. Le chavisme s'oppose au néolibéralisme parce qu'il promeut la justice sociale, défend les droits sociaux de la classe des travailleurs après avoir préservé des emplois, des salaires, des pensions, des retraites et pris des mesures comme la réduction de la journée de travail et de la protection contre les licenciements. Au contraire de l'Europe et des Etats-Unis où ceux-ci ont leurs droits qui sont systématiquement réduits par le plan d'austérité néolibéral.

On voit donc que le socialisme du 21ème siècle que voulait construire Chavez ne peut pas encore être confiné dans une définition rigide. Ce socialisme est un nouveau socialisme, d'un nouveau type, qui cherche à dépasser les erreurs du passé en gardant les aspects positifs. Ce qui veut dire que si on prétend copier un modèle, on n'arrivera à rien. Il n'existe pas de modèle. Chaque pays possède une histoire différente, chaque époque connaît de nouvelles évolutions, chaque génération doit résoudre des problèmes différents.

Une chose est certaine: le Venezuela est appelé à se convertir en modèle révolutionnaire qui sera un exemple pour le monde.

Bernard Tornare


[1] Le fondement idéologique sur lequel s'appuie la politique chaviste est représenté par un arbre avec trois racines: chacune d'entre elles renvoie a un personnage historique du XIX ème siècle: Simon Bolivar, leader politique habituellement qualifié de Libertador de l'Amérique; Simon Rodriguez, maître à penser du Libertador, et, enfin, Ezequiel Zamora, combatant de la Guerre fédérale (1859-1863). Cette politique est selon les termes de Chavez: "Un modèle idéologique autochtone et enraciné dans les profondeurs de notre origine et dans le subconscient de l'être national. (...)"
Discours politiques en Amérique latine, Représentations et imaginaires, sous la direction de Morgan Donot et Michele Pordeus Ribeiro. Page 104.


[2] (...) C’est face à un arbre légendaire, le Samán de Guere, symbole de la résistance indigène, que les fondateurs du Mouvement Bolivarien Révolutionnaire-200 (MBR 200) prêtent serment. Là même oú accouchaient les femmes indigènes et oú Bolívar faisait camper ses troupes. Un arbre, deux siècles, trois racines : Ezequiel Zamora, Simón Rodriguez, Simón Bolívar. Ce sont ces hommes en vert et rouge méditant face à un arbre, et non les partis de gauche, qui sont les auteurs intellectuels et matériels d’une révolution qui a depuis "injecté des vitamines à la démocratie latinoaméricaine" (Eduardo Galeano). (...)
Extrait de l'article de Thierry Deronne "Au Venezuela, des hommes en vert et rouge face à un arbre". Voir ICI, l'article en entier.

Juramento del Samán de Güere, Alcides Ysasis (Venezuela), 2008

Juramento del Samán de Güere, Alcides Ysasis (Venezuela), 2008

 

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http://b-tornare.overblog.com/2014/01/le-chavisme-un-mod%C3%A8le-ou-un-exemple.html

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 21:26
 
Date: 
18/01/2014

 

Il y a quelque chose de fascinant chez les pays d’Amérique du Sud en ce moment. Tous, petit à petit, trouvent le chemin de la résurrection sociale et sanitaire, alors qu’en Europe, on s’enfonce doucement dans les méandres de l’absurde.

 

Après la Bolivie qui ferme les Mc Donald’s et le Salvador qui interdit le Roundup de Monsanto, voici le Vénézuela qui réduit son taux de pauvreté de manière significative.

 

C’est en date du 10 janvier que les autorités du pays ont annoncé fièrement au monde entier (encore aurait-il fallu que les grands médias en parlent plutôt que de s’occuper d’un humoriste ou de la vie privée du président), que le taux de chômage était tombé à 5.6% et que la pauvreté avait régressé à 5.5%. Peut être qu’au lieu d’aller en Israël ou en Arabie Saoudite, F. Hollande pourrait aller faire un tour en Amérique du sud, histoire de prendre des conseils ?

 

L’an dernier la pauvreté frôlait les 19.6% et malgré un climat économique assez fragile, l’impensable s’est réalisé. Le président Nicolas Maduro annonce « Si nous voulons une paix sociale durable, nous devons être conscients de ces éléments indicateurs fondamentaux ». Non content de s’en satisfaire, le président N. Maduro compte arriver à un niveau de plein emploi pour son pays et supprimer ainsi, totalement le chômage. Le gouvernement va œuvrer pour atteindre son but d’ici 2019, à savoir, éradiquer la pauvreté du territoire. Une tâche qui s’annonce difficile, mais qui, au vu des résultats déjà obtenus, laisse entrevoir un excellent essor pour la population du Vénézuela.

 

La révolution Bolivarienne semble porter ses fruits, les gouvernements d’Amérique du Sud deviennent plus attentifs aux citoyens et tentent de résoudre les problèmes à la racine. Un élan politique positif qui fait ses preuves, mais qui, malgré tout, n’est pas médiatisé à sa juste valeur. Sortir d’une crise reste possible, si et seulement si, les gouvernements jouent le jeu, en cherchant des solutions pour faire passer le bien-être de la population, avant leurs intérêts personnels.

Source: 
Facon2parler.com
 
 
 
 
 
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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 22:09

 

 
La Havane, 15 janvier 2014

Néstor Marin

L’ÉQUATEUR est parvenu a diminuer son taux de pauvreté ces six dernières années grâce au Plan national pour le Bon-Vivre mis en œuvre par le gouvernement, qui se propose d’éradiquer ce fléau d’ici 2017.

Selon Pabel Muñoz, secrétaire général à la Planification et au Développement (Senplades), en 2007, année de l’arrivée au pouvoir de la Révolution citoyenne, le projet porté par le président Rafael Correa, 37% des Équatoriens vivaient dans des conditions de pauvreté extrême.

« À l’heure actuelle et d’après des statistiques du mois de juin dernier, le taux de pauvreté était de 23,6% », a signalé Muñoz, qui dans ses déclarations à la presse a reconnu qu’« il reste encore beaucoup à faire, même si l’inégalité sociale a reculé de plus de 7% au cours des six dernières année ».

Les statistiques officielles révèlent que la société équatorienne a enregistré plusieurs progrès, si l’on sait que 51 citoyens sur 100 voient s’améliorer leur qualité de vie, et que 21 sur ces 51 citoyens sont passés de la classe vulnérable à la classe moyenne, et les 30 restants de la pauvreté à la vulnérabilité.

Le pays n’a pas enregistré non plus de mobilité sociale descendante. Autrement dit, aucun Équatorien n’est retourné à l’extrême pauvreté.

Le gouvernement prévoit de garantir une couverture de 95% des services de base tels que l’approvisionnement en eau potable et le traitement des eaux usées, ainsi que d’autres actions qui devraient permettre d’éradiquer la malnutrition et les problèmes liés à l’insuffisance alimentaire.

Le gouvernement équatorien a annoncé des investissements sociaux en 2014 de l’ordre de 1,2 milliard de dollars, pour la plupart destinés aux sphères de l’éducation et la santé.

Le changement de la matrice productive est un autre aspect essentiel pour le développement économique et social de ce pays andin, résolu à construire le socialisme du Bon-Vivre ou sumak kawsay, en quechua, l’une des langues ancestrales en Équateur.

Le programme gouvernemental comporte également la construction de la raffinerie du Pacifique, dans la ville côtière de Manta, d’une entreprise pétrochimique, et plusieurs études sont en cours pour construire des usines métallurgiques, des usines de production d’urée, de cellulose et de pulpe à papier.

Les huit centrales hydro-électriques qui commenceront à produire en 2016 permettront à l’Équateur de satisfaire 90% de sa demande énergétique à partir de sources propres et renouvelables.

 

(Tiré de Orbe)

URL de cet article

http://www.granma.cu/frances/notre-amerique/15ener-Recul%20de%20la.html

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 13:18

(VTV/Correo del Orinoco - 10/01/13)

Les politiques mises en œuvre par la Révolution Bolivarienne en matière sociale ont réduit en 2013 la pauvreté extrême au Venezuela. Elle est passée de 6.3 à 5.5 %.

L'information a été donnée par le président Nicolas Maduro , lors d' une réunion avec le Mouvement pour la Paix et la Vie (...).

Il a souligné qu'en 2013 s'est maintenue la "tendance à la baisse de la pauvreté au Venezuela et nous sommes passé de 21.6 % en 2012 à 19.6 % (l'année passée), ceci malgré la guerre économique".


"Si nous voulons une paix stable du point de vue social nous devons être conscients de ces éléments et indicateurs fondamentaux", a recommandé Maduro.

Le Président a aussi informé que le taux de chômage s'est situé à fin 2013 à 5.6 %. "Nous sommes tout près d'un but très important qui est le plein emploi", a-t-il affirmé.


Il a précisé que le Gouvernement Bolivarien continuera de travailler pour atteindre l'objectif de zéro pauvreté au Venezuela en 2019.

 

Source : VTV/CorreodelOrinoco (http://www.vtv.gob.ve/articulos/2014/01/10/venezuela-redujo-la-pobreza-extrema-a-5.5-por-ciento-en-el-2013-5409.html)

 

Traduction : Bernard Tornare (11/01/2014) - Pour visiter son blog: http://b-tornare.overblog.com/

Le Venezuela a réduit la pauvreté extrême à 5.5% en 2013
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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 13:53

La Havane. 9 Janvier 2013

• Sancti Spiritus et Granma ont atteint un taux de 3,2, alors que les indicateurs de 8 provinces sont inférieurs à la moyenne nationale de 4,2 • La municipalité spéciale de l'Île de la Jeunesse affiche un taux de 2,0 • Cuba se trouve ainsi parmi les pays au taux de mortalité infantile le plus bas pour cause de malformations congénitales • 22 municipalités enregistrent un taux de mortalité de 0 • Le ministère de la Santé publique souligne le travail des professionnels du secteur

José a. de la Osa

COMME une expression des efforts de la Révolution en faveur de la santé des mères et des enfants, Cuba a affiché en 2013 le taux de mortalité infantile le plus bas de son Histoire : 4,2 pour 1 000 naissances vivantes, ce qui nous situe parmi les premiers pays du monde présentant l’indicateur le plus bas.

Ce taux permet de mesurer de façon synthétique la qualité avec laquelle une société prend en charge et protège ses enfants, leur santé et leur bien-être, et dans le cas de notre pays, il démontre également comment un archipel d’un peu plus de 11 millions d’habitants, qui subit le blocus acharné des États-Unis depuis plus d’un demi siècle, est capable d’atteindre un succès aussi impressionnant.

En 2013, huit provinces affichaient des indicateurs inférieurs au taux national de 4,2 : Sancti Spiritus et Granma, avec 3,2 ; Holguin, 3,3 ; La Havane et Ciego de Avila, 3,4 ; Pinar del Rio et Villa Clara, 3,9 ; et Las Tunas, 4,0. La municipalité spéciale de l’Île de la Jeunesse, un taux de 2,0.

Les décès d’enfants de moins d’un an sont essentiellement dus à des maladies périnatales, des anomalies congénitales et des infections.

Soulignons que sur les 168 municipalités que compte le pays, dans 22 d’entre elles, aucune mort infantile n’a été enregistrée.

Les décès pour malformations congénitales sont ceux qui ont le plus diminués en 2013. 45 enfants de moins sont décédés pour malformations congénitales en 2012. Un résultat qui maintient Cuba parmi les pays au taux le plus faible de mortalité pour cette cause dans le monde.

Selon des données préliminaires de la Direction nationale des registres médicaux et statistiques du ministère de la Santé publique, en 2013, 125 830 naissances ont été enregistrées, soit 156 de plus qu’en 2012.

En 2013, les résultats du programme mis en place afin de réduire les complications à la naissance et les morts maternelles se sont consolidés. Il n’a été rapporté que 26 décès directement liés à la grossesse, à l’accouchement et aux suites de couches. Le taux de mortalité maternelle est de 20,7 pour 100 000 naissances vivantes, le taux le plus bas de l’Histoire.

DÉCLARATIONS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ

Au terme de l’année 2013, le ministre Roberto Morales Ojeda, à l’occasion d’une rencontre avec le journal Granma, a exprimé sa reconnaissance à tous les travailleurs du système de santé, qu’il a qualifié de « véritables protagonistes de ces résultats », qui confirment la grandeur de l’œuvre de la Révolution.

Il a notamment mentionné les travailleurs liés au Programme maternel et infantile, qui conjointement avec tous les secteurs associés au programme ont permis d’atteindre le taux de mortalité infantile et maternelle les plus bas de notre Histoire.

Le ministre a souligné le fait que la mise en place d’une nouvelle étape d’approfondissement des transformations menées dans le secteur, permettra d’améliorer ces indicateurs et surtout, la satisfaction de la population pour les services qui lui sont offerts.

Par ailleurs, il a adressé sa reconnaissance et ses félicitations aux milliers de travailleurs de la santé qui dans de nombreux pays renforcent le prestige de la médecine cubaine dans le cadre de la coopération médicale.
 

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http://www.granma.cu/frances/cuba-f/9ener-le%20taux%20de.html

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 11:36

En 2013, le Venezuela a connu un des moments les plus difficiles de son histoire avec le décès du Président Hugo Chavez, le 5 mars. Chavez, leader de grande envergure, fut victime d’un cancer agressif dont il mourut en moins de deux ans. Pendant ses quatorze années au pouvoir, ce Président charismatique (toujours élu démocratiquement et à la grande majorité) s’est confronté à de grands et puissants ennemis : coups d’état, sabotages économiques, interventions électorales, guerre psychologique, financement à coup de millions de dollars à l’opposition du pays par des agences américaines, et des attentats contre sa personne , furent quelques unes des méthodes et des stratégies de déstabilisation auxquelles il dût faire face pendant son mandat.

Il était en tête de liste de la CIA comme cible principale de leurs agressions et les États-Unis amplifièrent de façon significative (ouvertement ou secrètement) leur présence militaire autour du Venezuela durant sa Présidence. Tout cela fit que sa mort brutale et inattendue fit naître beaucoup de soupçons parmi ses partisans et tous ceux qui s’intéressaient à sa vision sociopolitique. Chavez défiait les intérêts des plus puissants et en même temps contrôlait les plus grandes réserves pétrolières de la planète.

La mort de Chavez peut-elle avoir été un assassinat politique ?

Il y a quelques années, cette question aurait fait sourire une grande partie des lecteurs, mais aujourd’hui, avec l’immense quantité de documents publiés par le lanceur d’alerte Wikileaks et l’ex agent de la NSA, Edward Snowden, nous informant sur les graves atteintes aux droits de l’homme et à la souveraineté des pays commises par le Gouvernement des États-Unis, ce ne sont plus seulement les « conspiranoïaques » et les connaisseurs de la politique sale des États-Unis qui se posent des questions de ce genre.
Aujourd’hui le monde sait comment le gouvernement des États-Unis espionne ses amis, ses alliés, ses citoyens et ses ennemis ; personne n’échappe aux yeux et aux oreilles de Washington. On sait aujourd’hui que presque toutes les ambassades des États-Unis dans le monde sont des centres d’espionnage et d’opérations d’intelligence, bafouant ainsi toutes les normes et les règles internationales, sans se soucier des conséquences. On sait toutes les graves atteintes aux droits de l’homme qui ont été commises par les forces armées américaines en Irak et en Afghanistan, et on sait aussi comment le Gouvernement de Barak Obama a augmenté l’utilisation d’avions sans pilotes (drones) pour assassiner des innocents par télécommande.

On sait aujourd’hui la rage avec laquelle le Gouvernement du premier Afro-étasunien à la Présidence poursuit ceux qui dévoilent des vérités sur les abus de Washington, et plus encore quand ce sont des citoyens étasuniens comme Bradley (Chelsea) Manning, Edward Snowden et Jeremy Hammond. On sait que Washington a utilisé son pouvoir économique pour tenter de neutraliser Wikileaks et geler ses finances, bloquant son accès à Mastercard, Visa et Paypal avec le seul objectif d’étouffer sa voix et d’empêcher sa publication continue de documents qui dévoilaient les basses actions de la Maison Blanche.

Toutes ces révélations ont rendu le public mondial moins sceptique et plus réaliste quand il s’agit de la capacité du Gouvernement américain à réduire ses ennemis au silence, cacher ses erreurs et utiliser tous les moyens possibles pour conserver sa domination.

Hugo Chavez a toujours été un caillou dans la chaussure impériale. Sous-estimé par les analystes et conseillers « d’esprit guerre froide » de Washington, Chavez mit fin à l’influence et à la domination des États-Unis en Amérique Latine en moins d’une décade. Il a transformé le Venezuela, pays dépendant et soumis à la culture politique américaine en une nation souveraine, libre, indépendante, digne et orgueilleuse de ses racines, de son histoire et de sa culture afro-indo-américaine. Il a repris le contrôle des ressources stratégiques, non seulement du Venezuela mais dans toute l’Amérique Latine, toujours sous le drapeau de la justice sociale.
Il a impulsé l’intégration régionale et la création d’organisations comme l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR), l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA), la Communauté des États Latino-Américains et des Caraïbes (CLAC), entre autres. Sa main ferme face aux agressions des États-Unis fut un exemple et une inspiration pour des millions dans le monde, qui virent avec espoir la révolution au Venezuela et son expansion régionale.

Sans doute beaucoup d’intérêts puissants à Washington et ailleurs, désiraient la disparition physique de Hugo Chavez. Ils essayèrent d’y parvenir avec un coup d’État soutenu par Washington en avril 2002 qui échoua. Quelques mois après, on essaya de le sortir du pouvoir par un très important sabotage économique qui faillit détruire l’industrie pétrolière du pays, mais cela aussi échoua. Un an et demi après, des paramilitaires mercenaires furent envoyés de Colombie pour l’assassiner mais ils furent capturés par les autorités Vénézuéliennes et le complot fut neutralisé. Dans les années qui ont suivi, il y eut de multiples attentats contre sa personne et beaucoup de plans pour déstabiliser son gouvernement, mais aucun ne fonctionna.
Pendant ce temps, la popularité de Chavez ne cessait de grandir et son projet socialiste commençait à se consolider dans le pays.

Les documents de la NSA filtrés par Snowden, ont révélé que le Président Chavez et son gouvernement était sur la liste des six cibles principales de l’espionnage Américain depuis au moins 2007. À peine un an avant, la Maison Blanche avait créé une mission spéciale d’intelligence pour le Venezuela, qui faisait ses rapports directement au directeur national d’intelligence sans passer par la CIA ni aucune des 15 autres agences d’intelligence des États-Unis.
Cette mission spéciale était complètement clandestine et disposait de grands moyens financiers et autres. Il existait seulement deux autres missions de ce style : pour l’Iran et la Corée du Nord. Associer le Venezuela à deux pays ennemis déclarés de Washington est un indicateur du niveau de menace qu’Hugo Chavez représentait pour le Gouvernement des États-Unis.

La maladie

Le cancer dont souffrit Hugo Chavez, et qui causa sa mort si subite était rare. Comme Nicolas Maduro l’a expliqué, son cancer fut inhabituel, sans nom et très agressif. Il n’était pas d’un organe en particulier. Il n’y a pas eu de cas de cancers dans la famille Chavez, il n’y avait aucune prédisposition génétique. Il fut détecté en Juin 2011 et malgré de très forts traitements il mourut en moins de deux ans.

Des documents déclassifiés de l’armée des États-Unis obtenus par Associated Press en 1995 grâce à la Loi d’Accès à l’Information (FOIA) mirent en évidence que depuis 1948, le Pentagone cherchait à mettre au point une arme de radiation pour les assassinats politiques.

Une autre étude des renseignements de l’armée étasunienne en 1969 confirma que l’utilisation clandestine de la radiation en tant qu’arme pouvait causer de graves maladies ou même la mort d’adversaires politiques. En d’autres termes, c’était une méthode d’assassinat qu’ils mettaient activement au point.

On peut facilement imaginer, si Washington faisait des essais de radiation comme arme d’assassinat politique depuis 1948 jusqu’où a pu parvenir cette technologie au 21e siècle.

Assassinat par le biais de l’espionnage

Un câble secret du Département d’État du 31 Janvier 1976 alertait sur les graves effets sur la santé causés par les micro-ondes radioactives utilisées par le KGB pour espionner l’ambassade États États-Unis à Moscou :

« Selon nos médecins experts l’exposition prolongée à des micro-ondes radioactives aux niveaux mesurés à l’ambassade des États-Unis constituent une menace pour la santé ».

Pourtant Washington développa des outils d’espionnage beaucoup plus puissants et avec de plus grandes fréquences de radiation.

Des documents de la NSA, filtrés par Edward Snowden et publiés récemment par le journal Allemand Der Spiegel se référent à un puissant équipement développé par l’agence Américaine, qui émet des radio-ondes continues et à haute fréquence contre une cible pour surveiller et capturer toutes ses communications. D’après un document ultra secret de la NSA, cet équipement, le CTX4000 est une « unité radar portable d’ondes continues (CW). Il peut être utilisé pour illuminer une cible afin de récupérer de l’information en dehors du réseau ».

Le CTX 4000 a la capacité de collecter des signaux qui ne pourraient l’être autrement, ou le seraient très difficilement ainsi que leur traitement. Le document détaille ses capacités : « Rang de fréquence :1-2 GHz ; bande large à 45MHz ; puissance de sortie :jusqu’à 2W, utilisant l’amplificateur interne ; amplificateur externe jusqu’à 1KW ».

Un kilowatt est une forte capacité et quantité d’ondes radioactives. Cette quantité projetée sur une personne pendant une période continue peut causer de graves dommages à sa santé. L’étude de l’Armée des États-Unis en 1969, (mentionnée antérieurement) sur les effets sur la santé de la radiation en tant qu’arme, souligne que l’impact (ou l’évènement désiré, en d’autres termes la mort de la cible) pourrait avoir lieu des années après l’exposition à l’agent radioactif.

Parmi les documents de la NSA publiés par le Spiegel, se trouvent des renseignements sur d’autres formes d’espionnage au travers des téléphones portables, des systèmes Wifi, et des réseaux mobiles qui pourraient aussi avoir de graves effets sur la santé des cibles. Pourtant l’utilisation d’un équipement radar portable qui émet des ondes continues à haute fréquence contre une personne semble être plus encore qu’un mécanisme d’espionnage un instrument d’assassinat.

Hugo Chavez fut la principale cible de la NSA pendant des années. La possibilité que leurs outils d’espionnage aient contribué, sinon causé sa maladie, ne parait plus autant science fiction que ça l’aurait paru en d’autres temps.

Eva Golinger
Traduit de l’espagnol par irisinda

* Matrizur.org
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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 14:25

 

 

 

L'héritage de Chavez


26/12/13.- Améliorer les structures de logement, les rues et la communauté de façon générale, ce ne sont plus des promesses non tenues comme pendant la IVème république, mais bien une réalité palpable grâce au gouvernement bolivarien, et ce grâce au lancement de la Grande Mission Barrio Nouveau, Barrio Tricouleur.

Ce programme social permet de transformer les zones populaires du pays dans leur globalité pour ainsi améliorer les conditions de vie des familles vénézuéliennes.

Cette grande mission et la 34ème qu’a créé la révolution bolivarienne et dans laquelle s’articulent tous les ministères. Elle répondra à travers de plans structurels, aux demandes des secteurs populaires du pays en partant des communautés qui se sont constituées il y a un siècle dans les villes les plus peuplées du pays.

Ce programme social a été lancé par le leader de la révolution bolivarienne, Hugo Chavez, le 9 aout 2009 avec la finalité d’avoir une incidence positive dans les secteurs les plus modestes du Venezuela et d’encourager les espaces pour le développement du bienêtre du peuple, qui pendant la IVème république a été jeté à la périphérie [de la ville, ndlt] et qui a du construire ses maisons dans les lits des cours d’eau, en absence de services de base et dans état de risque permanent.

En mai 2010 Chavez affirmait qu’il s’agissait d’un projet qui est né comme résultat d’un rêve qu’il a eu une fois : « Caracas aura des barrios tricouleurs et dignes … avec plein de musique, des enfants heureux et d’un peuple honorable et heureux ».

A cette époque-là, le plan a vu le jour dans le secteur Turmerito à Caracas, pour améliorer la vie de 138 familles.

Désormais, le président de la république, Nicolas Maduro, lui a attribué le statut de Grande Mission dont le but pour 2014 est d’atteindre le million de familles vénézuéliennes.

Le principe ce n’est pas de substituer des ranchos par des ranchos [logements précaires des bidonvilles, ndlt], mais plutôt de reconstruire et élargir les logements en travaillant avec les différents ministres.

« Nous voulons un peuple avec du pouvoir. Nous voulons un peuple avec des communautés dignes (…) Nous devons rompre avec le modèle dépendant et populiste. Les barrios de la dignité, c’est possible, où le peuple puisse avoir des services et où il soit possible de construire et reconstruire », affirmait le chef de l’Etat.

Les idées proposées dans le projet sont de prêter des services, d’avoir des voies de communication, d’avoir des rues pavées, de la sécurité, de l’eau potable et le ramassage des ordures.






Les axes d’action

 

La Mission Barrio Nouveau, Barrio Tricouleur compte avec cinq axes stratégiques pour accomplir cette transformation générale.

L’axe principal de cette action concerne l’organisation populaire pour la construction des communes. En ce sens, le projet cherche à promouvoir les processus de formation politique et technique, la constitution des assemblées par secteurs dans ces communes et la massification des porte-paroles.

Le deuxième axe, est la cartographie des barrios dans le but de reconnaitre le territoire populaire urbain afin d’identifier les secteurs.

Le troisième, cherche à garantir l’approvisionnement des ressources aux communautés, tels que l’équipement et les outils pour la production et la construction.

Le développement du plan Patrie Sure, de cohabitation et de paix est le quatrième axe d’action.

Le dernier axe concerne le développement productif communal à travers les brigades de construction, les entreprises de production sociale, les écoles de construction populaire et l’usine de composants. Ces structures permettront atteindre l’autonomie des projets et l’autonomie de la communauté.

Dans cette étape du Barrio Nouveau, Barrio tricouleur, ont été définis des couloirs, à savoir des espaces géo-humains qui regroupent plusieurs zones et qui vont assumer la planification et la re-urbanisation profonde de toutes les communautés du pays.

Six couloirs qui se chargeront de 100 familles sont prévus  pour la ville de Caracas .

Egalement, autres six couloirs verront le jour dans l’Etat de Miranda et dans les autres Etats.


 


 

Les avancées

 

Depuis le lancement de la Grande Mission Barrio Nouveau, Barrio Tricouleur le 2 novembre, les communautés ont commencé à s’organiser et depuis de nombreux besoins et des projets ont émergé dans chacune d’entre elles.

Dans le barrio El 70, dans la paroisse d’El Valle à Caracas, le gouvernement a alloué 84 millions de bolivars, dont 9 millions sont attribués à la rénovation urbaine et culturelle de cette zone.

Au même titre, une enceinte sportive sera construite dans le secteur populaire Los Sin Techos, de la paroisse Santa Rosalie.

La communauté organisée La Silsa, de la paroisse Sucre, propose la réhabilitation des logements, l’édification des routes, l’amélioration de l’éclairage public ainsi que la récupération des centres de santé, d’éducation et de sport qui pourront favoriser 20 400 habitants de cette zone.

[…]

La grande Mission est en marche dans d’autres régions du pays. Tel est le cas du municipe Cabimas de l’Etat de Zulia, où la communauté de la paroisse German Rios Linares a inauguré une salle d’analyse pour étudier et hiérarchiser les besoins de la population.

Jose Diaz, membre de la commission de la mission dans cette paroisse a souligné qu’à partir de cette initiative vont commencer à réaliser de recensements maison par maison pour dresser un rapport avec les besoins des communautés.

[…]

En 2014, le pouvoir populaire, avec le gouvernement bolivarien, continuerons à renforcer la Grande Mission Barrio Nouveau, Barrio Tricouleur pour matérialiser le rêve du leader de la révolution bolivarienne, Hugo Chavez.

 

 

 

 

 

 





DANYBETH ALVARADO
AGENCIA VENEZOLANA DE NOTICIAS
FOTOS ARCHIVO/AVN/MIRAFLORES/MINCI

 

Traduction : Presse Embavenez France

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http://vivavenezuela.over-blog.com/2013/12/venezuela-barrio-nouveau-barrio-tricouleur-un-projet-de-transformation.html

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 20:51

11 décembre

Le point de vue de Christophe Ventura, chercheur associé à l’IRIS

 

Les résultats provisoires annoncent une victoire significative du Parti socialiste uni du Venezuela (Psuv) au pouvoir, avec l’obtention de 196 municipalités contre 53 pour la coalition d’opposition. Le test est-il réussi pour le président Nicolas Maduro ?

C’est une réussite indéniable. D’ailleurs, pour s’en convaincre, il suffit de lire la presse, y compris celle qui, d’habitude, n’est pas tendre avec le président Nicolas Maduro et le processus bolivarien en général. Je pense à des médias comme El Pais en Espagne ou Le Monde en France qui prennent acte du fait que le « chavisme » existe, et qu’il constitue un mouvement durable, au-delà de la personnalité fondatrice d’Hugo Chavez. Cette élection est une victoire incontestable pour Nicolas Maduro et pour le chavisme, aussi bien du point de vue des villes gagnées par la majorité présidentielle qu’en nombre de voix. En effet, il y avait un doute quant à la capacité du chavisme à conserver une majorité dans le pays en termes de voix. Le résultat parle de lui-même. Sur 97 % des votes dépouillés, le chavisme a obtenu, en additionnant les scores du Psuv et de ses alliés, 49,2 % des suffrages, soit un total 5,1 millions de voix. Pour sa part, la Table de l’unité démocratique (MUD), principale coalition d’opposition de droite menée par Henrique Capriles, a obtenu 42,7 % des voix (4,4 millions) et gagné un certain nombre de villes dynamiques du pays. Et ce, dans le cadre d’une participation d’environ 59% du corps électoral. Cette victoire est aussi celle de Nicolas Maduro. Elle confirme sa propre légitimité. C’est certainement un moment fondateur qui lui permet de s’installer désormais comme leader.

Malgré cette quatrième défaite électorale consécutive, l’opposition de droite, menée par Henrique Capriles, a tout de même récolté plus de 40 % des suffrages au niveau national. La société vénézuélienne est-elle divisée ? Comment voyez-vous l’avenir du pays à court et moyen terme ?

Cette élection a donné à l’opposition vénézuélienne un résultat relativement habituel. En d’autres termes, celle-ci pèse, toutes tendances confondues, entre 40 % et 45 % de l’électorat en général. Indépendamment des problèmes du pays et des critiques qui sont faites sur le parti au pouvoir, l’opposition ne suscite pas l’adhésion au-delà de ce pourcentage. Cela laisse le pays dans une situation polarisée. En effet, il est clair qu’au Venezuela il existe des blocs constitués, chacun ayant un avis très tranché sur l’avenir du pays. Et aujourd’hui, après 15 ans de révolution bolivarienne, il y existe incontestablement une majorité de Vénézuéliens qui restent attachés à ce processus et aux acquis qu’il a apportés à la société vénézuélienne. Même l’opposition est obligée d’en prendre acte puisque, pour cette élection, ses dirigeants avaient décidé de demander à la population de voter pour la MUD en tant que telle, comme pour appuyer le caractère national de ce scrutin local. Tandis que du côté de la majorité présidentielle, les gens pouvaient voter pour différents partis alliés, l’addition des voix se faisant par la suite.
Concernant l’avenir du pays, s’il est difficile de le définir, une chose est sûre : le ciel politique se dégage pour Nicolas Maduro. En effet, le Venezuela va connaître une pause électorale puisqu’il n’y aura plus d’élections avant les législatives de 2015. Cela veut dire que le gouvernement dispose de deux années pour travailler - sauf événement imprévisible ou déstabilisation -. Il va devoir relever les nombreux défis auxquels il est confronté. Parmi ceux-ci, on trouve les questions préoccupantes de l’inflation, de la grande dépendance de l’économie au pétrole et aux importations, du double taux de la monnaie, de la sécurité publique, de la corruption. L’avenir représente d’abord beaucoup de travail pour Nicolas Maduro. Surtout dans un contexte où le Venezuela, comme tous les autres pays latino-américains, est confronté à une conjoncture économique internationale qui est moins favorable qu’elle ne l’a été pendant les années précédentes. La région est touchée par l’impact de la crise financière de 2008. Ses exportations baissent, ainsi que leur valeur, du fait du ralentissement de la croissance asiatique (chinoise notamment), de la récession européenne et de la stagnation de l’économie américaine. Des déficits commerciaux apparaissent dans plusieurs pays comme le Brésil, les monnaies se déprécient, les investisseurs internationaux amorcent un mouvement de reflux de leurs capitaux vers l’Europe et les Etats-Unis, l’inflation monte sensiblement.

Justement, le gouvernement vénézuélien doit également faire face à des défis économiques importants. Le pouvoir en place est-il en mesure de relancer une économie en crise ?

De toute manière, il n’a pas le choix : c’est le mandat qui lui a été confié par les Vénézuéliens. Il est certain que les dernières mesures prises par le gouvernement, assez radicales et volontaristes comme le contrôle des prix dans les magasins, ont porté leurs fruits dans les résultats des élections municipales. Manifestement, les gens ont considéré que c’était l’amorce d’une réelle prise en charge de la résolution des problèmes. De toute façon, le gouvernement vénézuélien est le premier à savoir que s’il ne va pas dans ce sens, son futur sera incertain.
Nicolas Maduro souhaite diversifier le modèle économique du pays. Il appelle de ses vœux une « révolution productive ». Il faudra observer les évolutions dans les semaines et mois à venir.

Malgré la disparition d’Hugo Chavez, il semble que la révolution bolivarienne suit son chemin. Quelles sont les perspectives pour ce processus ?

C’est indéniablement un des bilans que l’on peut tirer de cette élection : ce qui se passe au Venezuela ressemble, d’une certaine manière, à ce que l’on a pu connaître dans d’autres pays comme l’Argentine avec le péronisme. Il existe aujourd’hui une hégémonie politique et culturelle du chavisme qui perdure au-delà de son fondateur. En réalité, le chavisme semble s’être constitué, in fine, comme le cadre de référence de la vie politique nationale. Pour le moment, force est de constater que tous les partis, y compris ceux de l’opposition, doivent inscrire leur action dans le périmètre des sujets imposés par lui. Dans le cas présent, il s’agit des politiques sociales, du thème de l’éducation, de la santé, etc.
Quant à l’avenir de ce processus, il dépendra en premier lieu de l’action de Nicolas Maduro et du gouvernement pour dépasser les difficultés actuelles et maintenir les promesses du chavisme, notamment auprès des secteurs populaires, des couches les plus modestes et d’une partie des classes moyennes.
Cet avenir dépendra aussi en partie de celui de l’intégration régionale sud et latino-américaines, de la solidarité politique et économique qui s’approfondira ou pas dans les espaces comme le Mercosur ou l’Union des nations sud-américaines (Unasur). Il existe aujourd’hui de nombreux paramètres qui sont autant de défis, dans ce pays comme dans tous les autres Etats de la région. Mais le processus bolivarien continue à mobiliser sa population puisque, malgré les problèmes dont on a souvent parlé à juste titre, ce pays est encore cette année celui qui a obtenu, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et la Caraïbe (Cepal), le plus de résultats en matière de lutte contre la pauvreté en Amérique latine. Les conditions d’existence matérielle, l’éducation et la santé des gens s’améliorent d’année en année au Venezuela et les inégalités continuent d’y baisser. Cela explique aussi le soubassement solide de cette révolution bolivarienne qui, pour l’instant en tout cas, est encore bien vivante, quinze après son lancement et au-delà, effectivement, de la personnalité d’Hugo Chavez.

 

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 19:46

28 décembre 2013

 
 

Sans Chavez, pas de chavisme, ânonnait en boucle l’opposition vénézuélienne. Et de ressasser que "ce qu’il restait de chavisme" ne survivrait pas aux élections municipales du 8 décembre 2013. Mal vu !

Pour la quatrième fois, la MUD, ce conglomérat anti-chaviste qui va des ex sociaux-démocrates à l’ultra droite, a tout faux, même si son étiage électoral reste haut. Le leadership de son présidentiable, Henrique Capriles, du parti "Primero Justicia", l’aile la plus conservatrice de la MUD, ne fait pas l’unanimité.

Les chavistes ont mené à l’occasion de ces municipales plus une campagne politique sur les problèmes du quotidien que sur la figure et le souvenir du "comandante". La politique a repris le dessus sur l’affectif.

Cette "distanciation" progressive par rapport au "père", a permis à la fois un "travail de deuil" et de mesurer combien Hugo Chavez a bel et bien légué à la gauche vénézuélienne une doctrine politique et un projet de société, non achevés certes, mais inédits, spécifiques, synthétisés dans le "Plan de la Patrie" (2013-2019). Le parlement vient de l’adopter comme un "plan recteur de la République", comme un document quasiment constitutionnel. Cette boussole, conçue sous l’égide de Hugo Chavez avant sa mort, se présente comme le "deuxième plan socialiste de développement économique et social", dans un pays qui attend des réformes structurelles afin d’accélérer la marche. La nouvelle équipe entend – tâche ardue et à long terme – sortir peu à peu d’une économie déformée car basée sur la "rente pétrolière", cette bénédiction maudite, jalousée par Washington ; elle fait que "l’on peut tout importer", qu’un litre d’eau de source coûte au Venezuela plus cher qu’un litre d’essence, distorsion à laquelle le gouvernement devra s’attaquer sans tarder, sur un terrain ô combien sensible.

Le "chavisme sans Chavez" s’enracine donc, surmonte la disparition de son fondateur, se consolide. Il devance l’opposition de 675 000 voix et va gérer 76% des 335 municipalités du pays.

L’opération consistant à décrédibiliser le président Maduro a globalement échoué. Ses détracteurs présentaient le nouveau président comme un "incapable", un médiocre politique comparé à Chavez , aujourd’hui couvert de louanges pour les besoins de la cause. Or, Nicolas Maduro s’affirme et le chavisme gagnent nettement les élections municipales, devançant l’opposition de 6,5%. Le 14 avril 2013, Nicolas Maduro, le "chauffeur de bus", le "prolétaire", n’avait élu président qu’avec un écart de 1,5%.

Il a donc regagné une partie des électeurs perdus par le chavisme aux présidentielles. Sans doute les "pouvoirs spéciaux" ("Loi Habilitante") attribués récemment au président pour faire face à la déstabilisation économique, les mesures musclées prises contre la "guerre économique" (spéculation sur les prix, valse injustifiée des étiquettes, trafic de devises, sabotage économique, pénuries organisées, stockage illégal, corruption) ont-elles répondu concrètement aux attentes populaires.

Le président Maduro a désormais la main politiquement et au niveau d’une économie secouée depuis plusieurs mois. En construisant un "état communal", il entend transférer l’essentiel du pouvoir aux "communes socialistes" de base. Dans le même temps, il tend la main à une opposition divisée, dans laquelle toutes les composantes n’acceptent pas la stratégie de "coup d’Etat permanent rampant" mise en œuvre par les plus intransigeants, aux commandes de la MUD. Le président, le 19 décembre, a invité les maires d’opposition au palais de Miraflores pour tenter de dégager ensemble un consensus politique minimum autour des projets prioritaires. Un geste fort qui met l’opposition face à ses responsabilités et la pousse à une stratégie plus constructive.

Jean Ortiz

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 17:53

Par Michael Weissenstein et Andrea Rodriguez, The Associated Press Publication:

 

LA HAVANE, Cuba - Le président cubain Raul Castro a lancé un sévère avertissement aux entrepreneurs désirant repousser les limites de la réforme économique nationale, déclarant samedi au Parlement que «ceux faisant pression pour aller plus vite se dirigeaient vers un échec».

M. Castro a légalisé les petites entreprises privées dans près de 200 domaines depuis 2010, mais a resserré les restrictions sur celles vues comme allant trop loin ou faisant trop concurrence aux entreprises d'État. Au cours des derniers mois, le gouvernement a interdit la revente des matériaux de construction et des vêtements importés, en plus de s'en prendre aux salles de cinéma et aux salons de jeux vidéo privés.

M. Castro a mis tout son poids politique derrière ces réformes dans un discours lors de l'assemblée bisannuelle de la législature communiste, affirmant que «toutes les étapes franchies devaient être accompagnées par la mise en place d'un sentiment d'ordre».

«Les contrôles inadéquats des institutions gouvernementales face aux activités illégales par des entrepreneurs privés n'ont pas été corrigés dans un délai acceptable, créant un environnement d'impunité et stimulant la croissance accélérée d'activités n'ayant jamais été autorisées pour certaines occupations», a dit M. Castro.

Le président a également déclaré aux députés que Cuba désirait améliorer ses relations avec les États-Unis, mais n'accepterait pas les demandes en faveur de changements structurels au sein du gouvernement ou de l'économie, disant que l'État cubain ne posait pas de telles conditions à Washington, et qu'il n'était donc pas question de négocier sur le fonctionnement de son propre gouvernement.

Selon le président Castro, il sera nécessaire de «respecter les différences» entre les deux pays.

«Sinon, nous serons prêts à vivre 55 prochaines années dans la même situation», a-t-il avisé.

Cuba blâme l'embargo américain pour l'étranglement de son économie, mais le gouvernement Castro a également reconnu la nécessité de réformer l'économie étatique avec une ouverture graduelle à l'entreprise privée. Plusieurs Cubains ont profité de ces opportunités pour gagner plus d'argent avec leurs propres compagnies, mais ces nouveaux entrepreneurs et des experts étrangers se plaignent du fait que le gouvernement envoie des messages divergents à propos de son ouverture à l'entreprise privée.

M. Castro a semblé justifier l'ensemble des récentes décisions de serrer la vis aux entreprises privées.

«Nous n'ignorons pas le fait que ceux faisant pression pour aller de l'avant nous amènent vers l'échec, vers l'absence d'unité, et sapent la confiance de la population envers la construction du socialisme et l'indépendance et la souveraineté de Cuba.»

 

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http://quebec.huffingtonpost.ca/2013/12/21/raul-castro-garde-contre-audace-economique_n_4486744.html

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