Le M'PEP (Mouvement Politique d'Emancipation Populaire) revendique la souveraineté nationale, condition d'une politique internationaliste basée sur la coopération entre les Etats. Le M'PEP 74 s'intéresse aux processus politiques en Amérique latine. Ses colloques s'appuient sur la réflexion de Sylvie Carrasco, professeure d'espagnol qui a traversé ces pays à la rencontre de leurs peuples. Appréciez les évolutions de l'Amérique latine n'en déplaise aux zélateurs de l'Empire !
L’opposition vénézuélienne accuse le coup après les élections "régionales" : une nouvelle avancée du chavisme sans la présence physique du président...
L’opposition, fragilement "rassemblée" dans la MUD (Table d’unité démocratique), est depuis dimanche comme K.O. debout, de l’ultra-droite aux "adecos", membres de l’ex parti social démocrate Action Démocratique. Elle tablait sur la maladie de Chavez et pensait qu’elle commencerait à lever "l’hypothèque Chavez"... Grossière erreur de calcul.
Les médias, peu suspects de sympathie chaviste, s’interrogent sur le thème : "que fera-t-elle pour survivre" et affronter une élection présidentielle de plus en plus probable à court terme ? En effet, si le 10 janvier 2013 le président Chavez ne peut prendre ses fonctions et assumer un quatrième mandat, l’intérim sera assuré par le président de l’Assemblée Nationale, Diosdado Cabello, et ce dernier devra convoquer de nouvelles élections présidentielles dans un délai de 30 jours. Dans ce cas de figure, Nicolas Maduro, successeur désigné par Chavez, et qui s’affirme chaque jour davantage comme un fin politique, un homme de convictions, convaincu de la nécessité de poursuivre "l’option socialiste", affronterait Henrique Capriles, reconduit dans son mandat de gouverneur de l’État de Miranda (qui englobe une partie de la capitale et regroupe à la fois des beaux quartiers et des "ranchitos" (quartiers pauvres) du Petare). Pour le professeur C. Blanco, de l’Université Centrale de Caracas, "l’opposition doit revoir sa stratégie". Elle manque d’"un message clair alternatif". En résumé : l’anti-chavisme, c’est un peu court...
Le secrétaire exécutif de la MUD, Ramon Guillermo Aveledo, dans une interview à la chaîne Globovision, reconnaît hier que les résultats du 16 (victoire nette des candidats du PSUV dans 20 États sur 23), sont "un coup très fort" pour l’opposition. "Cela nous a fait très mal". L’arrière goût de défaite aux présidentielles a pesé au sein d’un électorat anti-chaviste contraint de constater que l’enracinement populaire de la révolution repose sur des acquis sociaux, sur la conquête et défense intransigeante de la souveraineté nationale...
Le quotidien El Nacional opine que "le chavisme s’en sort sans Chavez". Bien vu. L’éditorial attribue la victoire à la fois "à Chavez, mais pas seulement à lui".
A La Havane, le président, selon le quotidien Ciudad Caracas, "recommence à travailler".
Jean Ortiz, le 18 décembre 2012